J'ai le souvenir de sa voix au fond de la gorge. Ça fait tellement de mal. Je me surprends à penser à lui encore, parfois. Et je ferme les yeux pour retenir les larmes, et je garde au fond de moi toute la peine, et mon c½ur bat trop fort, et j'ai peur d'en crever. Je plante mes ongles dans ma déchéance, la froisse, la tort, la déchire, la dévore. Mais elle ne s'éteint pas, elle demeure. Je fais autre chose, n'importe quoi, histoire d'oublier quelle me suit, que je vais en mourir mais que rien ne l'arrêteras. J'ai mal putain, j'ai mal mais personne ne voit. Ça me lance dans le c½ur, ça bat plus puis ça bat trop vite. Un jour brutalement je m'effondrerais sur le bitume. Et l'humanité criera, courra. Mais personne ne sera là, vraiment. Il n'y aura que des êtres humains trop égoïstes. Trop peu attentionnés. Ils me laissent crever. On laisse pas seul un coeur qui saigne. On s'en va pas sans savoir pourquoi. MAIS POURQUOI J'AI MAL ENCORE POURQUOI? Est ce que quelqu'un sait? Pourquoi j'attends encore puisque ça ne sert à rien? Parce qu'il n'y a personne, que j'ai mal et que... Jusque la fin j'attendrai. Je voudrais fermer les yeux sur les blessures. Mais les souvenirs sont intarissables. J'ai beau les balayés il réoccupent mon esprit. J'aimerai fermer les yeux pour ne plus m'entendre.
Mon amour, je n'ai pas su te retenir. Il y a encore les traces noires sur les draps, les cicatrices sur mes poignets. Et mes lèvres sèches, et mon corps inhabité, et mon âme solitaire, et ma vie qui n'avance plus. Il y a encore.... Mon amour. Le train est parti, dans un coup de vent féroce qui voulait dire: "Tu vois j'avance sans toi, j'y arrive. T'es plus là mais j'avance." Je peux pas dire pareil. On n'empêche pas un petit coeur d'aimer, moi je peux plus sans toi, je vis plus.
J'attendrai que tu reviennes, parce qu'un jour tu reviendras oui. J'en suis sûre. Parce qu'on était comme ça, on s'était promis de mourir ensemble, ce n'est qu'une passade, on se retrouvera. Parce qu'on peut pas détruire les rêves au fond, même quand ça fait souffrir de vivre dedans. Parce que t'es le seul que je connais par coeur, et que j'admire mais n'envie pas, et que j'aime mais deteste parfois. C'est notre amour paradoxal, notre amour incompris. C'est ce que j'aimais, parce qu'avec toi j'aimais l'amour, c'est un peu con à dire mais c'est ça.
Je suis tombée amoureuse, c'est bien la pire chose qu'il m'est arrivé. Amoureuse de toi, un suicide. En vérité, j'ai du tomber tout court. Et t'étais pas en bas. Et là, je m'écrase. Et t'es toujours pas là.