Le monde s'étale à nos pieds et on ne sait pas quelle route choisir. Certains se laissent guider par leurs impulsions, comme de petits animaux, d'autres font de l'eczéma. Je ne sais plus depuis combien
de temps je m'etais crevé les yeux, momie aveugle, m'en remettant au hasard pour avancer.
Qui sait si je me serai retrouver ici. Et si j'aurai vécu cette histoire.
J'étais depuis bien trois quart d'heure sur ce banc. J'en ressentait chaque ligne sous mon dos,
je pouvais presque décrire la calligraphie de l'âme érrante qui y avait déclarer son amour.
Le bois était sec et abimé. La banc était là depuis des années.
Le banc avait cotoyé de millions de fessiers. Le banc était sali par le temps.
Le banc était ...lourd! Il avait basculé vers la gauche sous le poids de... de quelqu'un d'autre.
Cette personne avait un parfum dont les fragrances étaient proches de l'ambre et du jasmin.
C'était un parfum d'homme. Il était si près de moi, je pouvais persevoir son souffle irrégulier.
Soudain il entrouvrit les lèvres:
"Quelle belle journée! Tu ne trouves pas?"
Je ne répondit pas, à vrai dire il ne m'en laissa pas le temps. Il continua alors très vite:
"J'aime beaucoup le calme de ce quartier à cet heure-ci. "
Encore une fois je n'ajouta rien, le rouge au joue et le sourire au lèvre. J'étais sous l'emprise de
ma timidité. Il m'avait tutoyé, comme si on se connaissait depuis toujours. Pourtant il ne m'était
pas familier. Il devait être un peu plus âgé par rapport à moi. Il semblait sûr de lui et ...heureux.
Ca ne me rassura pas. En fait depuis toute jeune je n'avais jamais apprécié le contact des garçons ,
j'étais très réservée. Les hommes, c'était sans doute une des raisons pour lesquelles
je m'étais rendu aveugle: leur regard posé sur moi me rendait mal à l'aise, il m'angoissait.
J'ai soudain senti sa main contre la mienne. Je sursotta. Il s'excusa.
La scène fut plonger dans un silence morbide. Jattendit. Il ouvra la bouche, puis la referma aussitôt.
Les minutes défilaient. C'était bientôt l'heure de partir. M'en aller. La nuit aller tomber sur Paris, et je le quitterai.
Le temps s'écoulait de plus en plus vite, mais il me semblait desespéremment long.
Nous avions un point commun tout les deux: nous perdions un peu de notre temps à ne rien faire.
Ensemble.Les minutes traversait nos vies en silence.
Enfin, l'homme reprit son monologue. Il me dit qu'il me connaissait, en fait depuis peu de temps.
...Il me connaissait, moi, comment était-ce possible? Moi qui ne connaissait personne et
qui devinait le monde.
Il ajouta en bafouillant qu'il me trouvait admirable et très jolie. Il parlait encore quand je m'aperçu
qu'il avait une voix suave. Une voix délicieuse.
J'aimais sa façon d'assembler les mots très naïvement. Il avait le rire discret d'un enfant.
Un agréable frisson parcoura mon corps. Je me mordi la lèvre, et lui dit désolé qu'il fallait que je parte. Mais qu'une prochaine fois, on se retrouverait ici...Il déposa un baiser sur mon front et je m'en alla.
La prochaine fois arriva vite, le lendemain sur le même banc, je reconnis son parfum. Je m'assis à ses côtés.
Et l'un à côté de l'autre on écoutait les enfants rires. Ensemble.
On écoutait nos coeurs tremblaient.
On écoutait le temps passait.
Le monde s'étalait à nos pieds, et on ne savait pas quelle route choisir. Peu importe, on avançait ensemble, guider par nos imprévisibles impulsions.
Et on ne se quitta plus...