La douleur s'estompe avec le temps? Je ne sais pas, je ne veux pas savoir.

La douleur s'estompe avec le temps? Je ne sais pas, je ne veux pas savoir.
.............Le soleil n'est pas encore levé, l'humanité est endormie. Mais il y a deux personnes, dans une pièce, une cuisine sans doute, qui n'ont pas trouvé le calme, pas trouvé le sommeil. Il y a cette femme, somptueuse, ses longs cheveux blonds touchent presque le sol, elle est assise sur une chaise, avec un café tiède posé sur une table, devant ses yeux verts. Et un homme, qui ne la regarde pas, a l'air de manquer d'air, de manquer de temps, de manquer de quelque chose on ne discerne pas vraiment quoi. On lit la peine sur leur visage, on voit des cicatrices de larmes sur leur joues creuses. Ils ne se parlent pas, ils ont mal mais ils ne peuvent cracher des mots. Ils pensent, c'est tout, pourquoi crier? Le bébé est parti, et c'est sa faute à lui, le père, cruel ou simplement maladroit. Il faisait chaud, il n'a vite plus eu de quoi haleter, il est mort. Oui, leur enfant est mort. On lit à peine sur leur visage ce qu'ils endurent...
-Pardon Lucas. Pardon...
Il n'y arrive pas, il n'arrive pas à aligner deux mots. Il bafouille.
-Je m'en veux tellement! Mon bébé, mon tout petit bébé, je t'ai laissé te faire dévorer par le soleil, mourir dans la douleur, succomber dans les larmes. Je.. Je ne vaux pas ma place sur terre, je vais m'en aller, oui, te rejoindre...
Je ne suis rien sans toi après tout, je n'étais qu'un père. Grâce à tes grands yeux bleus et tes boucles blondes, grâce à ton air que tu avais de me regarder, ton regard qui disait je t'aime, sans pudeur. Oui, je suis devenue le meilleur des papas, ton papa. Je t'ai fabriqué un petit coeur d'homme moi. Comme je t'admirais mon garçon, ton air innocent qui faisait craquer les filles, tes mains toutes douces que tu serrais très fort quand tu avais peur. Et tes petits mots que tu lâchais dans un sourire, des mots simples, banals, mais qui mélangés à ta voix résonnaient comme des poèmes. L'homme au fond de moi s'est évaporé, tout au fond de moi, l'infidèle, le mari volage... Non, je ne suis plus cet adorable salop dans lequel ta maman aimait se perdre, je n'étais plus moi-même. Ton visage d'ange m'a ensorcelé.
Mais aujourd'hui, Lucas, tu dois me voir de là haut, et tu ne dois plus entortiller tes doigts à ceux des autres petites âmes, tu ne dois plus poser tes lèvres avec amour sur tout ce que tu découvres. Tu as du appelé à l'aide... Crier si fort, en vain. Pleurer, pleurer pour qu'on t'entende, vienne te chercher en courant. Ton âme avant de prendre le large a du se démanteler, tout comme ton amour d'enfant pour moi, tout comme ta joie...
Il éclate en sanglots, il s'arrête un instant de parler, il as du mal à continuer à respirer, un bout de lui est si loin... Il regarde le ciel, son regard brun est sévère, dur, glacé.
- Je vais te rejoindre mon bébé, tu es trop fragile pour affronter le monde tout seul, même celui des morts, trop petit pour vivre entre deux nuages. Attends moi, j'arrive, tu pourras bientôt te blottir contre moi si tu as trop peur.
Il prend un couteau dans un tiroir, et d'un geste élancée, l'appuie violemment contre son coeur qui tapote contre ses côtes. Un cri l'arrête...
- Non, Simon! Ne fais pas ça, ne fais pas ça mon amour! J'ai perdu un enfant, je ne survivrai pas sans un homme dans lequel me jeter pour faire jaillir mes larmes, sans une voix pour apaiser mes cauchemars. Je n'y arriverai pas sans toi. Moi, tu sais, je suis une toute petite femme, je n'ai pas ton courage, je n'ai pas ta force. Je ne pourrai jamais traverser l'autre monde sachant que le temps passe encore ailleurs. Le temps moi, je voudrai le manger, le dévorer, sauter sauvagement sur chaque seconde. Notre petit Lucas s'en est allé, mais nous sommes là, encore, il y a notre amour, notre désir, nos baisers, encore. La douleur s'estompera tu sais, l'amour guérit toutes les blessures, soigne tous les maux. On ne l'oubliera jamais notre bébé ange, mais à deux, on y arrivera. Avec ta force et ma sagesse, on continuera à avancer, à s'accrocher à la vie comme des effrontés. En titubant d'abord, et puis on prendra nos marques, on suivra notre chemin. Ce n'est qu'une épreuve à enjamber, elle nous suivra comme une feuille collé à nos talons en Automne, mais avec une brise, tout se défroissera, elle s'en ira. Il faut que tu me fasses confiance Simon. Nous allons vaincre cette douleur qui nous ronge. Il faut seulement croire en l'amour.
Elle sèche les larmes qui commencent à couler.
-Il reste les souvenirs, les photos, sa voix sur cette petite bande de mon téléphone, son rire dans la vidéo de maman. Et ses vêtements qui sentent encore son odeur. Oui, je sais, des traces seulement, pas grand chose, mais cela suffit pour le garder en nous, toujours. N'aie pas peur, nous n'oublierons jamais, mais nous ferons avec. Simon, je t'aime, je l'aime. C'est lâche Simon, lâche de l'abandonner. De l'autre côté, tout sera sombre, sans vie, il ne restera rien de nos souvenirs, rien qui nous retient à lui, néant. Nous ne pouvons rompre le dernier fil qui nous lie à cette petite âme que l'on a construit, cet enfant fait d'amour, de notre amour. Aime moi Simon, tu verras, il sera là, encore.

Lucie L. ©
(le photocopiage tue le blog)

# Posté le lundi 04 janvier 2010 13:10

Modifié le mardi 05 janvier 2010 13:39

Le désespoir est le suicide du coeur. Jean-Paul Richter (sujet de galerie textuelle)

Le désespoir est le suicide du coeur. Jean-Paul Richter (sujet de galerie textuelle)
A une âme fanée,

Je t'attends. Dans le froid, dans la nuit. Assise sur le sable, devant l'écume des marrées. Je m'accroche à toi, encore. Des larmes plein les yeux, mes mains contre mes joues glacées. Je suis seule désormais. Le ciel a flouté l'horizon. Personne ne sait vraiment où commence le ciel, où s'éteint l'océan. Mais personne ne cherche à savoir. Moi, j'aimerai, peut être pour pouvoir m'accrocher à ce qui reste de nous. La nuit n'a pas de limite, le ciel et la terre se lient. Et tu vois, le crépuscule me donne l'espoir que tu réapparaisses, que tu franchisses les vagues, à nouveau.

Tu t'en es allé. Oui, tu avais trop peur de la mort pour vivre. Mon c½ur est froid, gelé. Je ne ris plus en écoutant vibrer ses notes, cette mélodie qui s'éparpille dans le temps qui passe. Je ne ris plus du tout. Tu as laissé ton corps se faire déchiqueter comme un animal. Tu t'es jeté du haut de cette falaise. Tu as tenté de voir si avec tes blessures et tes cicatrices tu atteindrais le ciel plus vite. Tu t'es brisé sur un rocher, tu as perdu. J'étais là, je le sais, ton corps s'est cassé, ton c½ur s'est rompu et tu n'as jamais pu atteindre le ciel sereinement. Tu flotte encore dans l'océan, quelque part.

Tu es tellement cruel Alban ! Je ne peux plus pleurer, mes larmes se sont jetées dans cette étendue d'eau humide, dans lequel ton sang a coulé. Je n'ai plus rien pour me tenir en vie, tu as pris en moi ce c½ur rempli d'amour pour toi. Quand tu t'es abîmé cette nuit là, tu n'as pas jeté tes craintes et ton corps dans le vide ; tu as emmené mon c½ur. Oui, tu as emmené mon sourire, ma beauté. Dans ce râle qui t'as ôté la vie.

Et me voilà aujourd'hui, regarde moi du haut de tes nuages. Ne suis-je pas toujours le plus beau des anges ? Ne suis-je pas toujours cet enfant que tu cherchais en moi ? Tu as passé des mois, des années de ta vie si courte, à chercher au fond de moi, creuser avec tes mains, ta langue, tes baisers, creuser tout au fond de mon corps. Pour chercher tout l'amour du monde, tout ce que j'avais à offrir. Je t'ai tout donné. Tu as été le seul que j'ai aimé sincèrement. Je m'imaginais dans quelques années, me balader avec tes doigts emmêlés aux miens, sur cette plage. Je m'imaginais vivre à en mourir, aimer à succomber. Et finalement, c'est simplement ce qui t'as mené à ta perte. J'ai trop rêvé, trop espéré en ce que demain pouvait nous apporter. Tellement que j'ai oublié de te voir, de t'aimer au présent, de vivre l'instant. J'ai été aveugle.

Alban, j'ai caché mes larmes, j'ai souris. J'ai cessé de t'appeler dans la nuit, de te voir dans mes rêves, de t'imaginer sans cesse, d'hurler ton nom dans le silence. Je me tais maintenant, il n'est pas trop tard. Je réapprends à exister, réapprend à aimer. J'aime les ombres qui défilent devant moi, l'air qui passe entre les boucles de mes cheveux. Je fais sans toi.

Le plus grand ennui c'est d'exister sans vivre. Et ce soir, malgré mon sourire dessinait sur mes lèvres salées, malgré mon souffle qui s'enlace aux courbes du vent, je ne suis pas en vie. Je respire machinalement, j'y arrive mais au fond, si on creuse au fond de moi, entre mes reins, tout à l'intérieur de moi, on ne trouve rien. J'ai tout perdu cette nuit là Alban, quand tu as déposé ce dernier baiser sur mon front, craché ce dernier je t'aime, et que tu as saccagé ton destin d'un élan.

Alban, mon amour, reviens, je t'en pris. Je m'en veux tellement d'avoir été aveugle devant cette souffrance qui berçait tes yeux. Sers moi fort, encore une fois, prend moi. Je me ferai tout pardonner, je te le promets. Tu verras, on arrivera à sourire, à rire, à parler de ce qui blesse ton âme. Allez, reviens Alban, je n'ai pas fini de t'aimer de tout mon c½ur, tu verras si tu le rapportes de ton voyage, tu verras, à quel point je pouvais faire plus...

Une âme dévastée, Céleste.


Cette lettre ne trouva jamais son destinataire, emporté par les flots, disparu sous le sable... Ses mots n'ont pas suffit à le faire revenir, elle l'ignore encore. Trop occupée à attendre son retour, à perdre sa vie à l'attendre. Allez y, elle est encore sur la plage aujourd'hui, n'ayez pas peur de son visage triste, c'est le ciel qui lui a ôté son bonheur, voilà tout.

Morceau recommandé: [x]
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Lucie L. ©
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# Posté le lundi 04 janvier 2010 10:33

Modifié le lundi 04 janvier 2010 10:58

Ton mascara coule (revisité?). [Sujet de galerie textuelle] (Lucie L. ©)

Ton mascara coule (revisité?). [Sujet de galerie textuelle] (Lucie L. ©)
(Une chambre. La nuit. Deux corps. L'un sur des draps humides, mouillés de larmes. L'autre debout, cherche quelque chose à dire, il ne veut pas la voir, la petite rousse assise sur le lit, il détourne son regard glacé. Soudain, quand les larmes deviennent bruyantes, il s'élance vers elle, et crie.)
-Sophie, ma petite Sophie! Pardonne-moi!
(Elle le regarde, ses yeux sont brûlants de larmes, ils crachent de la haine. Malgré son corps fragile, son âme dévastée, elle a la force de le haïr, mais pas la force de vomir des mots.)
-Excuse-moi. Je m'excuse parce que, tu sais, je n'ai jamais su vraiment m'y prendre avec les femmes, et toi, ma princesse, tu es tellement différente. J'aurai voulu que ça dure, que l'amour ne s'éteigne jamais. Je t'ai aimé, sincèrement. Le ventre tordu, les mains moites, voilà ce que ton regard engendrait sur moi. Ma Sophie, tu étais tellement belle, jolie à croquer. Et fragile, j'aurai voulu te protéger de tout, du vent qui froisse tes cheveux dans l'air, de la pluie qui creuse tes joues rondes. Mais il n'y a quelque chose contre laquelle je ne peux rien: te protéger de l'amour... Ma petit Sophie, je suis désolée. C'est simplement que mon c½ur ne se bat plus contre le vent quand tu es dans les parages. Il n'y a personne d'autre, je suis le seul coupable. Arrête d'user tes larmes pour moi, je ne vaux rien. Je n'ai pas eu le courage de te garder pour toujours. Je suis un terrible imbécile, je sais que tu penses à ça maintenant. Je ne t'ai pas épargné la rupture. Je t'ai tellement aimé, je devais prendre soin de toi, j'aurai pu. Mais c'est tellement plus simple de s'enfuir quand on a peur, quand on est lâche.
Mais tu verras ma belle, tu en rencontreras un autre. Celui qui serrera son bras autour de ta taille pour traverser la route, celui qui t'embrasseras en fermant les yeux, celui qui te présentera au monde entier. Un véritable donneur de passion. Une usine à baiser. Ca te fait rire? (Non, ça ne l'a fait pas rire.) C'est un peu ça l'amour aussi, des baisers. Sur le front, sur les joues, sur les lèvres, sur ton coeur. Te couvrir de baisers. L'amour c'est beau, il faut juste s'aventurer, prendre le risque de tomber. Crois y encore, fais comme si je n'avais jamais exister, je m'en veux déjà tellement. Tu verras, un autre prendra ma place...
(Elle hurle)- Je ne veux plus d'amour!
(Il reste un moment stoïque, les yeux vides.)- Sophie? Tu te souviens du jour de notre premier baiser? Et bien, tu as arrêté le temps ce jour là. Figer les secondes, capturer l'instant. J'ai trouvé ça tellement magique, que j'ai failli en pleurer. Pleurer de joie de t'avoir trouver. Un ange, une princesse.
Mais, je ne suis pas fait pour vivre dans la magie. Je suis trop vide, tu vois? Trop sérieux, trop dur de l'intérieur. Je sais que tu pourrais me changer, tu es capable de tout. C'est juste que moi, cet imbécile perdu, je n'y arriverai pas, à vivre sans le temps qui passe, j'ai besoin que tout dérape, que tout aille vite. Je m'en vais, je disparais de ta vie, enfin. Rappelle toi, ce n'est pas de ta faute. La vie me fait peur, vivre l'instant me fait peur. Je suis idiot. (Temps) Voilà, je vais prendre la porte maintenant. Laisse moi enregistrer ton visage, tes grands yeux verts, tes boucles rousses, tes mains, ton corps... Ma merveille, ma petite merveille... (Il détourne le regard, peut être pour cacher ses larmes, on ne sait pas.) Ça me fait si mal de te quitter ma Sophie, c'est comme si on m'avait arraché le coeur, d'un coup. Retirer de ma chair, avec élan.
Vraiment, te voir souffrir m'est insupportable... J'y vais, pour de bon, je m'enfuis. Je sais, je suis lâche, mais il le faut, je ne survivrai pas sinon. Tu veux que je t'embrasses encore? Un dernier baiser? (Elle lui lance un regard de damnée, il baisse la tête.) Non, tu ne veux plus de moi, je comprends. Oublie moi, ne pleure plus. Tu es une princesse, tu mérites qu'on t'offre le monde entier, parce que tu es la femme la plus sublime et marginale que j'ai rencontré dans mon existence de tyran. C'est de ma faute, je suis faible. Je ne sais même plus ce que je dis, ça doit te paraitre idiot. Pardon, adieu. (Il ne claque pas la porte, il n'a pas la force. Trop de maux, pas assez de mots. Il n'a pas eu le courage de dire tout ce qu'il aurait voulu. Il n'a pas pu. Mais c'est fini, voilà.)

Si vous voulez pleurer avec Sophie, écoutez mon morceau préféré avec le texte. [x]
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Lucie L. ©
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# Posté le jeudi 31 décembre 2009 04:27

Modifié le samedi 02 janvier 2010 04:45

Assasins! (Lucie L. ©)

Assasins! (Lucie L. ©)
........................J'ai froid. Je suis seule, perdue. Le lit est vide.
Il est parti.
Sans un mot, il a ouvert les yeux, a prit ses vêtements, ses mots, mon coeur, et a claqué la porte.
Mon âme s'est envolée, à cet instant. Tétanisée, anéantie, déchirée. Voilà comment on meurt, à cause d'un coeur trop mou pour accueillir tant d'amour. Mon pauvre petit coeur a fini par imploser.
Alban m'a quitté. Alban n'est plus là, et je meurs. Annihilée, j'ai voulu hurler son nom, mais aucun mot n'a jailli de ma gorge, seulement du sang. Et de mes yeux, des larmes. Des larmes glacées, roulant sur mes joues.

J'ai espéré pouvoir le rattraper, en courant à sa recherche. En criant. "Je t'aime Alban, reviens. Je t'en supplie. Je ne suis rien sans toi, rien qu'un corps, flasque, sans vie. Reviens moi." Courant à demi-nue, emportée par le vent, poussée par mon esprit qui chatouillait le sien, inlassablement. Qui le veut, encore. Une âme émantée à son âme. Un coeur assemblé au sien. Un corps emboîté à son corps. Et des mots, des tonnes de jolis mots, de jolies promesses.

Des souvenirs qui font mal, voilà ce qui reste de nous. A l'intérieur, mon corps se ronge, plus rien n'a de sens, je tourne, tourne sur moi même. Tout s'est brisé en moi, tout s'est évanoui. Le temps file entre mes doigts, le monde cours, marche, n'attends pas. Les gens s'aiment, se dévorent, s'entretuent. Mais je ne les perçois plus...

L'amour c'est beau, puissant, aveuglant. Ça fend le coeur, le fourre de papillons, de baisers, de légèreté. Seulement, les sentiments sont éphémères. Les c½urs brisés ne cessent de vous prévenir, que la passion ronge, enflamme, nous brûle les lèvres, nous brûle le coeur, et finit toujours par nous tuer.

Il est minuit, et j'ai froid. Je n'ai plus de soleil, sur lequel m'accrocher, auquel me rechauffer.
Alban a dévasté ma vie, tout ce qui me tenait en vie, et je suis étourdie par tant d'acharnement. Je ne peux plus bouger, je suis enfermée dans un nid que je me suis crée, seule. Un nid de larmes et de sang, insalubre et misérable, sans lumière, sans soleil. Je n'arrive plus à respirer, mes maux m'ont envahis, m'ont enfermés dans mon malheur, enchevêtrés dans ma rage. J'ai le souffle coupé, je bat des ailes comme pour m'envoler. Peut être que là haut enfin, je trouverai l'éternel. Un amour puissant et heureux.

Au fond, c'est ça la solitude : s'envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours. Je me débat contre la nuit qui m'emmène vers son horizon insipide. Par instinct de survie, puisque je n'ai plus - je ne suis plus- que ça. Je me débat pour voir si mon corps remue, encore. Je me débat sous les larmes, sur cet immense lit vide qui restera ma demeure. Peu à peu, je n'ai plus mal. Je ne distingue plus le soir trop sombre qui s'agite dans la chambre. Je n'ai plus de pensées, plus de maux. Peu à peu, je ne suis plus qu'un souvenir, un sourire sur des photos.

En vérité, je n'ai pas peur de mourir, c'est juste la vie qui s'eteint sans soleil...



Lucie L. ©
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# Posté le jeudi 17 décembre 2009 12:14

Modifié le samedi 26 décembre 2009 05:04

Jeune fille abîmée. Sujet de galerie textuelle (Lucie L. ©)

Jeune fille abîmée. Sujet de galerie textuelle (Lucie L. ©)
.........................Je vomis. Pour effacer mes maux, ma misère, ma rondeur. Je vomis tous les éléments abjects de ma constitution. Je suis énorme, imposante, monstrueuse. Je vomis mes tripes, je vomis mon sang. Je régurgite mes sourires, mes sentiments, mes larmes. Jusqu'à disparaître, jusqu'à m'échapper, m'ensevelir sous terre, m'anéantir, me briser. Je ne suis rien. Rien de beau, rien d'admirable. Je suis tout juste singulière, à jamais quelconque, ordinaire.
Je suis là, abattue, énorme, perdue. Trop ronde, trop maquillée, trop habillée même nue. Trop masquée. Je suis si lourde. J'efface les contours de mon ombre pour paraitre vivante. Je m'abîme, donc je suis.
Ma vie n'est qu'un tunnel sans fuite, sans lumière.
J'ai peur, peur de me perdre, peur d'être transparente après ma fin. Je me gave de pensées obèses, que je recrache après les avoir mâchés. Je suis une contradiction, un paradoxe.

.........................Je crache. Sur ce monde insalubre. Je nettoie ce qui me déchire. Je veux m'envoler, m'enfuir de cette terre damnée, de ces âmes sans coeur qui m'ignorent, me percutent, me cassent. Si vous saviez, vous, créatures maléfiques qui me jugez avec vos regards, comme je vous admire. Vous êtes si beaux, si souriants. Moi aussi je veux être une poupée, je veux me coller un sourire, je veux être. Être ce que je ne suis pas.

Je m'écorche. Je m'entaille. Mais regardez moi! Ôtez moi ce poids qui me gène, m'essouffle, me tue. Regardez comme je souffre, comme je suis perdue. Vous ne me voyez pas derrière mon visage indolent, mais j'ai mal. Je ne peux pas crier, je n'ai pas les mots. Je ne peux pas parler, je suis muette, abstraite, cachée. J'ai peut être perdue la raison, mais qu'importe, je continue à cracher mes maux, vomir ce qui me pèse. Je me sens si mal. Et vous, assassins, qui ne me voyez pas. Ce que je souffre, ce que je suis. J'appelle à l'aide. Du fond de ma misère, de ce qui reste de moi. Je veux qu'on me remarque, je voudrais exister.
A l'intérieur, je n'ai plus rien. Je ne trouverai jamais rien de plus que des entrailles et des os, mais je continue à chercher, encore; à fouiller, encore. Sans le voir.

.........................Je vais mal, je suis perturbée, entaillée. Je suis sans aide et sans secours. J'ai peur mais je ne peux me réfugier, non, dans les bras de quiconque. Je risquerai de me briser. Et il n'y a personne pour me relever, me sauver de cette emprise qui me hante...Je suis si fragile, petit corps désarticulé, si fragile et pourtant... Personne ne me vois.
Je suis si lourde mais je ne fais pas le poids. Contre ce monde égoïste. Ce manque d'humanité. Ou cet aveuglement forcé.
Alors je vomis, encore, jusqu'à vomir mon âme, creuser mes joues, creuser mes reins. Amincir mon reflet. Jusqu'à lâcher prise, en mourir, succomber.


Lucie L. ©
(le photocopiage tue le blog)
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# Posté le mardi 15 décembre 2009 13:44

Modifié le lundi 21 décembre 2009 04:33