Alice est compliquée. Oui parce que même quand tout est rose dans sa vie, dans son c½ur, dans sa petite tête pleine de baisers, Alice se pose des questions. Parfois, ça m'embête de la voir comme ça, triste dans la joie. C'est une fille, ça change tout. Elle pense trop. A après, demain, regardez là. Elle a les jambes qui tremble mais le coeur qui bat vite, pour lui. Elle est effrayée, toute remplie de peur mais amoureuse, folle de lui, ce petit homme au grand sourire, au grand coeur, aux jolies mots. Vous voyez, en vérité, elle adore sa vie, elle n'a pas d'ennuis, elle tourne et tourne à travers le monde, elle rencontre des gens, leur sourit, leur rit au visage. Malgré tout, elle n'est pas heureuse, ou alors elle ne le sait pas. Elle s'enferme dans ses pensées toute cabossées, et elle retourne tout ça, comme un manège. Oui, son esprit est un manège. Elle monte sur un cheval, puissant et merveilleux, elle est à deux doigts de toucher le ciel, d'atteindre l'euphorie parfaite, pleine d'alchimie, d'idéal, de tout ce que la vie peut nous offrir. Et le manège s'arrête, reprend à l'envers. Tout s'accélère, tout demeure flou, tout va trop vite pour ses petites jambes qui ne suivent pas. Elle n'a plus le temps de vivre, elle réfléchie trop, elle court après ce qu'elle rate, elle court après ce qu'elle veut encore, ce qu'elle espère atteindre un jour. Et si? Elle en a marre , elle doute, elle s'effondre. Alice verse des larmes, et son bonheur s'écoule, le long de ses joues, il brise son petit coeur. Personne n'estime vraiment la puissance de quelques larmes, mais les larmes peuvent noyer une vie. Les larmes peuvent faire fondre la réalité, l'amour, un coeur rempli. Elle le sait, elle le vit. Mais, Alice n'est pas triste pourtant, elle pleure voilà tout. Elle pleure d'aimer trop fort, elle pleure d'avoir peur, elle pleure de peur que tout s'arrête trop vite. Est ce qu'on peut l'aider? Est ce qu'elle a quelqu'un à qui parler? Non, moi je suis là mais j'ai atteint le ciel, il y a quelques temps déjà, je l'admire de loin , je ne peux faire que ça. Et ça me fait mal de voir encore que sa vie est un peu ratée à cause d'elle, seulement. Les morts peuvent ressentir la douleur, vous savez. Et moi, j'ai mal.
Tu sais Alice, ce n'est pas comme ça qu'on avance dans la vie, il faut parfois vivre sans se poser de questions. Juste avancer, en tenant très fort sa main, en écrasant ses doigts contre les siens, en planant, voguant, errant. Sans s'en vouloir d'être heureuse, sans penser à demain. Juste s'envoler. Juste quitter terre, mordre son nuage, vivre sans les étoiles, se cristalliser dans l'air, devenir le vent, juste un souffle, qui s'essouffle, sur un visage, son visage, qui tente de demeurer, qui tente de se poser, là, sur ses lèvres. Essaye, ma petite Alice, essaye d'être heureuse pour une fois, de ne pas trop réfléchir. Laisse toi emporter par son ombre, laisse toi bercer. Tu verras, la vie est belle, l'air de rien, quand on croque pleinement à l'intérieur, quand on mord dedans avec ses petites dents, quand on la prend des deux mains, quand on lui sourit. Quand on a quelqu'un. A aimer, sur qui veiller, comme toi pour moi, comme lui pour toi.